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Améliorer la qualité de l’offre alimentaire au Québec, c’est possible!

Dernière mise à jour : 23 févr.


Trop de choix d’aliments s’offrent à vous à l’épicerie? L’Observatoire de la qualité de l’offre alimentaire s’intéresse justement à l’offre alimentaire et vous présente ici un billet sur la pertinence de situer et de suivre l’évolution de la qualité des aliments offerts et achetés au Québec.




De plus en plus de choix d’aliments s’offrent à nous, ce qui nous amène à devoir prendre de nombreuses décisions. L’offre en épicerie est en effet très variée et nous sommes exposés à des produits allant des plus nutritifs aux moins nutritifs, en passant par les options plus économiques ou celles cherchant à séduire les passionnés de cuisine. Comme consommateur, il est ainsi facile de se sentir submergé par la trop grande abondance de produits alimentaires offerts sur les tablettes. Même pour une personne qui cherche à faire des choix alimentaires sains et nutritifs, il peut être facile de se laisser influencer par les emballages et l’emplacement des produits ainsi que les promotions que l’on retrouve à l’épicerie. En effet, l’omniprésence de la publicité, où les aliments de faible valeur nutritive occupent souvent le premier plan, peut nous pousser à acheter des produits dont nous n’avons pas vraiment besoin ou dans des quantités plus grandes que nécessaire. Il ne faut donc pas mettre toute la pression sur le consommateur, au contraire. Il faut aller au-delà du choix individuel et collaborer tous ensemble – consommateurs, gouvernement, industriels et chercheurs – pour que l’offre alimentaire au Québec soit de meilleure qualité et ainsi rendre les choix sains plus faciles à faire pour toutes et tous.


Il faut aller au-delà du choix individuel et collaborer tous ensemble – consommateurs, gouvernement, industriels et chercheurs – pour que l’offre alimentaire au Québec soit de meilleure qualité et ainsi rendre les choix sains plus faciles à faire pour toutes et tous.

Il s’agit justement de la mission que s’est donnée l’Observatoire de la qualité de l’offre alimentaire, une initiative de l'Institut sur la nutrition et les aliments fonctionnels de l'Université Laval, soit de suivre l’évolution de l’offre alimentaire pour contribuer à améliorer sa qualité et son accessibilité. Avant sa création, il n’existait aucune donnée sur la qualité nutritive des aliments transformés offerts au Québec. Depuis 2016, l’Observatoire a analysé la composition nutritionnelle de 14 catégories d’aliments fréquemment consommés par les Québécoises et Québécois (p. ex., yogourts et desserts laitiers, barres granola, pains tranchés), ce qui représente plus de 5 000 produits alimentaires différents offerts en épicerie.


Grâce à ce portrait, il devient alors possible d’identifier les catégories d’aliments envers lesquelles il y a le plus d’efforts à fournir pour améliorer la valeur nutritive. Il devient même possible d’identifier, à l’intérieur d’une même catégorie d’aliments, quels sont les produits qui bénéficieraient le plus d’une amélioration de leur valeur nutritive. En ayant également accès aux données de ventes des catégories d’aliments à l’étude, l’Observatoire tient compte que la population consomme certains produits plus que d'autres dans ses analyses, ce qui permet de proposer des pistes d’amélioration qui reflètent bel et bien les choix des consommateurs.


Les biscuits et le sucre

Par exemple, l’Observatoire a noté qu’il existe près de 700 variétés de biscuits et galettes différentes en épicerie. De quoi rendre le choix étourdissant! Sans grande surprise, 63 % de ces produits ont des teneurs élevées en sucres. En creusant davantage au sein de cette catégorie d’aliments, ce ne sont toutefois pas tous les types de biscuits qui contiennent autant de sucres. Nous avons en effet constaté que 93 % des biscuits de type sandwich avec garniture à l’intérieur avaient des teneurs élevées en sucres alors que c’était le cas pour 49 % des galettes et seulement 5 % des biscuits à thé. Sachant cela, il est facile de cibler de manière prioritaire les efforts d’amélioration auprès des fabricants de biscuits de type sandwich. Bien que les biscuits demeurent un dessert que l'on ne consomme pas tous les jours, le fait de savoir que certains types de biscuits ont une valeur nutritive plus intéressante que d’autres peut nous permettre, si on le souhaite, de faire de meilleurs choix à l’épicerie.


Les pains et le sodium

Par ailleurs, l’étude sur la catégorie des pains tranchés a révélé que les pains les plus fréquemment retrouvés sur le marché québécois sont les pains multigrains (c’est-à-dire les pains constitués d’au moins deux différents grains, qu’ils soient ou non à grains entiers). Ces pains constituent plus des deux tiers de l’offre des pains tranchés au Québec (197 sur les 294 pains tranchés offerts au Québec), et représentent la majeure partie des ventes annuelles avec près de 60 % du volume de ventes de la catégorie. Quant aux pains blancs, ils constituent seulement 7 % de l’offre des pains tranchés en termes de variété de produits, mais représentent tout de même 25 % des ventes de la catégorie. Sachant que près de la moitié des pains blancs ont des teneurs élevées en sodium, il devient alors important de prioriser l’amélioration de ce type de pains. Du côté du consommateur, sachant que les pains blancs ont des teneurs élevées en sodium et que le terme « multigrains » n’est pas gage de « grains entiers », opter pour un pain ayant une farine « entière » ou « intégrale » comme premier ingrédient serait un indicateur facile et utile pour choisir des pains plus nutritifs.


Les viandes transformées tranchées et les gras saturés

Sur les 361 viandes transformées tranchées offertes au Québec, seulement 37 % d’entre elles ont des teneurs élevées en gras saturés. On constate toutefois que 91 % des salamis, saucissons et pepperonis ainsi que 60 % des viandes émulsionnées (p. ex., Bologne, simili poulet, mortadelle) ont des teneurs élevées en gras saturés. À l’inverse, seulement 1 % des jambons ont des teneurs élevées en gras saturés. Une fois de plus, ces résultats permettent d’orienter les efforts d’amélioration auprès des fabricants de viandes ayant plus de matières grasses et d’orienter le consommateur vers de meilleurs choix de viandes transformées tranchées à l’épicerie.


Face à cette abondance de produits alimentaires, voici quelques trucs simples pour faire des choix éclairés lors de l’achat d’aliments transformés en épicerie:

  • Faire une liste d’épicerie avant de planifier ses achats

  • Avoir le ventre plein avant de partir faire ses courses et réduire ainsi les achats impulsifs

  • Vérifier sur le tableau de la valeur nutritive que le produit contient moins de 15 % de la valeur quotidienne en sucres, en sodium et en gras saturés


Bien que les fabricants aient un grand rôle à jouer dans l’amélioration de la qualité de l’offre alimentaire, sachez que chaque consommateur ou consommatrice peut également y contribuer. Si nous priorisons collectivement l’achat de produits de meilleure valeur nutritive, les fabricants s’adapteront aux préférences des consommateurs. Voilà pourquoi on dit souvent qu’acheter, c’est voter! De plus, en écrivant aux fabricants afin de leur demander des produits de meilleure qualité et de meilleure valeur nutritive (p. ex., moins de sodium, moins de sucres), ces derniers sentiront une pression à modifier leurs produits. Tous ensemble, nous arriverons à améliorer la qualité de l’offre alimentaire au Québec!


Pour en savoir plus sur les études de l’Observatoire de la qualité de l’offre alimentaire : www.offrealimentaire.ca


Rédigé par Julie Perron, Dt.P. M.Sc. professionnelle de recherche et Véronique Provencher, Dt.P. Ph.D. directrice scientifique de l’Observatoire de la qualité de l’offre alimentaire






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